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  Le Collège irlandais  


 
Le providentiel Monsieur Bouix !


L'adresse du
Collège Irlandais

Dans ses notes, le Père Lannurien raconte :

« Je continuais mes recherches, non sans inquiétudes, lorsqu’un matin Monsieur Bouix, l’auteur de plusieurs ouvrages très estimés de droit canon, et ami de notre société, entra dans ma chambre d’un air joyeux, et me raconta qu’ayant eu la migraine, et ne pouvant travailler, au lieu de se rendre comme à son ordinaire à la bibliothèque du Jésus, il était aller visiter, pour se distraire un peu, un homme d’affaires, nommé Civili, de cette classe qu’on appelle Mercanti di Campagna, commerçants qui exploitent l’agro-romano, avec lequel il était lié depuis qu’il avait demeuré chez sa belle-mère; que lui ayant parlé du but pour lequel j’étais à Rome et de mes investigations infructueuses, Monsieur Civili lui avait indiqué une maison appartenant aux Irlandais, ayant servi autrefois de collège aux élèves de cette nation, aujourd’hui habité par des familles pauvres, et en assez mauvais état; mais qui, moyennant quelques réparations pouvait bien convenir à notre établissement.

Le lendemain, je me rendis avec cet homme d’affaire et avec Monsieur Bouix au séminaire des Irlandais; le projet de traiter y fut proposé sans déterminer encore si ce serait vente ou location; de bonnes et amicales paroles furent échangées; mais aucun prix fixé, parce que le Supérieur et le Vice-Recteur voulaient avant tout consulter leur conseil d’administration temporel, composé d’un Curiale et d’un Exacteur.

Une fois entre les mains des hommes de lois, l’affaire devait traîner en longueur, éprouver des difficultés : cela ne manqua point. »


Pie IX

Vendredi 29 avril 1853, une audience mémorable

Dans une lettre adressée à M. Leberre le 14 juillet 1853, le Père Lannurien décrit le déroulement de son audience avec Pie IX :

« Sur ces entrefaites, j’obtins <une audience du St Père. Il me reçoit avec une bonté, une effusion de cœur dont l’impression me demeura ineffaçable.. Et après m’avoir entretenu de l’état et des affaires de l’Eglise de France, des Gallicans, etc…il me dit : « La maison de St Nicolas ne vous convient pas car elle vous mettrait dans une certaine dépendance du Gouvernement, et il faut que le Séminaire Français ne dépende que du St Siège. Ce Séminaire sera institué comme contrepoison du Gallicanisme, or si vous alliez à St Nicolas vous retrouveriez l’écueil que vous fuyez. Ces raisons étaient excellentes, je les avais déjà méditées, j’en avais senti le poids et de plus, c’était le chef de l’Eglise qui me les présentait. Aussi n’essayai-je pas de leur rien opposer ; mais je dis : St Père, j’ai trouvé un autre local, et je lui expliquai que c’était l’ancien Séminaire des Irlandais. Alors la figure devint plus souriante encore et me prenant par le bras et le serrant, il me dit : « ah très bien, très bien. C’est ce qu’il vous faut , prenez cette maison, votre œuvre est excellente, vous ne manquerez pas d’élèves, je la bénis. » Il me donna ensuite une bénédiction pour la mission et je me retirai le cœur plein de consolation. »


L'ancien Collège
des Irlandais

L'état des lieux

Dans un courrier du 30 avril 1853, le Père Lannurien rend compte de sa visite de l'anicen Séminaire des Irlandais :

« Cet ancien Séminaire des Irlandais nous convient fort bien : forme de communauté, petit jardin, bon air, la meilleure eau de Rome, 3 étages plus l’entresol, 8 fenêtres de façade, place à loger environ une quarantaine de personnes, à 3 minutes de la place Trajane, à 5 du Corso, à 9 du collège Romain. Le seul inconvénient (pour nous, plus que pour l’œuvre du Séminaire) c’est qu’il n’y a point d’église donnant sur la voie publique, mais seulement une chapelle intérieure au 2ème étage ou au 3ème,assez vaste, et qui suffisait aux Jésuites quand ils tenaient ce séminaire. Mais je crois qu’on pourrait en faire une au rez-de-chaussée sur la voie publiques avec quelques dépenses. Si nous y avons une chapelle, il y aurait dans ce quartier un ministère très utile à exercer. Ce local est occupé depuis longtemps par des petits locataires pauvres, et par conséquent, il faudra faire des frais plus ou moins considérables pour approprier et arranger le tout convenablement. »

Un contrat enfin signé : 31 mai 1853

« Enfin je puis vous annoncer qu’à ma grande satisfaction, notre affaire a été conclue avant la fin du mois de Marie, le dimanche soir 29 Mai !... »

(Le Père Lannurien à son supérieur le Père Schwindenhammer)

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Cette page a été actualisée le jeudi 12.07.2007