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  Deux nouvelles pistes  


 
« Je continuais mes recherches, non sans inquiétudes ! »

Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids... mais toujours rien à l'horizon pour abriter le futur Séminaire Français.
Les recherches continuaient !


L'église San Salvatore
et la petite maison
attenante

Une nouvelle piste semble s'ouvrir : l'église San Salvatore della Corte, dans le Transtévère. Lettre du Père Lannurien à son supérieur le 30 Avril 1853 :

« J’avais entendu dire à Mgr de Ségur que le Pape songeait à nous donner au lieu de St Nicolas une église située au Transtevere ; cette église est desservie par les minimes qu’il faudrait pour cela renvoyer (affaire toujours assez désagréable).
Je suis allé dire la messe dans cette église, qui me plaisait bien, mais j’ai vu qu’il n’y avait à côté qu’une petite maisonnette ne pouvant contenir que 7 à 8 personnes, et qui est en effet habitée par quelques religieux minimes tant prêtres que frères ; c’est ce qu’on appelle ici un hospice, évidemment c’était insuffisant pour notre oeuvre. »


Saint-Ildephonse

Parallèlement, le Père Lannurien est aussi en pourparlers avec l'ambassadeur d'Espagne.

« Un moment j’eus l’espoir d’acquérir une maison et une église fort bien situées. J’avais entendu dire que l’Espagne songeait à vendre l’établissement de St Ildephonse dans la rue Felice, quartier très voisin de la Propagande, et pas trop éloigné du Collège Romain ; on ajoutait que pour 4 ou 5 mille écus au plus, on pouvait facilement en faire l’acquisition. Monsieur Louis Veuillot, qui se trouvait alors à Rome, eut la bonté de me conduire chez Monsieur le ministre d’Espagne avec lequel il était lié. Je fus très bien reçu, et l’on convint d’un jour où nous irions visiter l’établissement.
La maison est très petite, pouvant loger 8 à 9 personnes seulement, et fort mal disposée mais elle est attenante à un joli jardin et à une église pieuse et assez belle. Malgré l’exiguïté et l’incommodité du local, je l’aurais volontiers loué ou acheté à cause du jardin et de l’église ; mais quand il fallut en venir à établir les bases d’un traité, je perdis bientôt tout espoir de ce côté. Il ne s’agissait pas moins de 40.000 écus comme il résulte de la première des deux lettres que je reçus du Ministre. »

Première lettre du Ministre d’Espagne :

Mon cher Monsieur Lannurien,

Voici la raison que l’architecte vient de m’apporter. La maison de l’hospice de Saint Ildephonse que nous avons vue le jour passé est louée maintenant dans la somme de 340 écus, et le loyer peut être augmenté aussitôt qu’elle sera tout à fait désoccupée : on peut donc calculer la valeur en vente entre six mille et 7.000 écus.
Quant à l’église, on voit bien qu’on ne peut pas en calculer la valeur pour le loyer ; et pour le moment l’architecte, sans faire une appréciation en forme, n’ose pas dire d’autre chose, sinon qu’à son avis on ne l’a pas bâtie avec moins de 45 ou 50 mille écus. L’église est tout à fait neuve et on ferait difficilement, dans une estimation exacte, descendre la valeur à la moitié : même dans ce cas, que je ne crois pas très probable, nous aurions toujours la valeur totale de 25 à 30 mille écus. Vous penserez, Monsieur, s’il vous convient d’après ces antécédens bien qu’inexacts, nous faire des propositions. Je vous prie de me faire connaître votre résolution, ainsi que d’agréer l’assurance de ma considération distinguée.

J. del Castillo y Ayenna
Palais d’Espagne ce 19 avril 1853
A Monsieur Mr. Lannurien

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« Je répondis à M. le Ministre d’Espagne
1° que le prix auquel il estimait la maison me paraissait beaucoup trop élevé et
2° que quant à l’église, comme elle était un bien ecclésiastique, on ne pouvait pas traiter de son aliénation sans recourir â l’autorité ecclésiastique. Je lui demandais aussi
3° d’envoyer moi-même, comme nous étions convenus, un architecte pour estimer la valeur du bien. Cette réponse amena une seconde lettre du Ministre, qui termina la négociation. »

Deuxième lettre du Ministre d’Espagne...

"Monsieur l’abbé,

Je n’aurais pas d’inconvénient à vous autoriser pour faire de vôtre part une autre évaluation de la maison de Saint Ildephonse, bien que celle qui a été faite sur la base de ses produits semble être la plus équitable et la plus sûre : mais quand vous séparez l’église de la maison, pour des considérations que je ne saurais jamais admettre comme valables, je crois que tout accord deviendra impossible, et conséquemment qu’il est tout à fait inutile de procéder à une seconde évaluation. Je saisis cette occasion pour vous renouveller l’assurance de ma considération distinguée".

José del Castillo y Ayenna
Palais d’Espagne ce 20 avril 1853

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Cette page a été actualisée le jeudi 12.07.2007