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Découvrez ici notre bien aimé pape Pie IX, "protecteur" du Séminaire français.



 


 


 

Le Bienheureux
Pie IX
(1846-1878)

Alors que le Père Lannurien est déjà en route pour Rome, cette lettre de Mgr de Ségur parvient à Paris ; elle nous décrit bien le projet du futur Séminaire français.

Rome, 20 Février 1853

« Mon cher Père, quoique nous soyons en Carême, il vous faut chanter le Te Deum, avec au moins trois alleluia. Votre installation à Rome est comme décidée. Il ne me reste plus, pour rendre la chose absolument certaine, qu’à remplir une formalité vis-à-vis de l’Ambassadeur.

Le bon Pape a approuvé entièrement le projet que je lui ai proposé il y a trois jours, mercredi soir. Non seulement il trouve très bonne la pensée d’un établissement d’études ecclésiastiques à Rome pour les prêtres français, mais il se charge d’aplanir à ses frais les premières difficultés. Il vous offre lui-même, motu proprio, une de nos plus charmantes Eglises nationales à Rome (nous en avons 7), avec la maison qui en dépend ; et en cas de besoin, il promet 8, 10, ou 12 chambres à l’Académie Ecclésiastique, grand bâtiment qui est voisin de cette église. »

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Ma surprise et ma joie...

Il s'agit de l'église Saint-Nicolas des Lorrains, proche de la Place Navone. Le carnet personnel du Père Lannurien mentionne cette découverte avec enthousiasme :


Église Saint-Nicolas des Lorrains
et maison attenante

« Quelle ne fut pas ma surprise et ma joie quand Mgr de Ségur me dit que notre maison de Rome était toute trouvée et qu'il espérait que dans quelques jours nous pourrions en prendre possession. Il s’agissait de l’église de Saint-Nicolas, petite, mais fort belle par ses marbres et sa décoration : elle appartient à la France, ainsi que la maison qui lui est contiguë. D'après l'arrangement conçu par Mgr de Ségur, je devais être nommé Recteur de cette Eglise ; mais comme elle avait un Recteur, Mgr Terrigi, nous devions laisser à ce dernier la somme qu’il reçoit de l’ambassade ; et de plus, il aurait fallu ajouter à cela une compensation ou indemnité. Le Saint-Père avait dit à Mgr de Ségur qu’à cause de l’utilité que devait avoir un Séminaire français à Rome, il se chargerait de l’indemnité à payer à Mgr Terrigi. Quant à la maison contiguë, nous devions avoir gratuitement les trois ou quatre pièces dont jouissait le recteur, et louer du reste de la maison autant que nous aurions eu besoin de logement.

Je me trouvais heureux de voir en arrivant les choses s’arranger ainsi d’elles-mêmes. Il est vrai que des inconvénients assez graves se présentaient dans l’accomplissement de ce projet : d’abord c’était une maison appartenant au Gouvernement français, un bien administré par l’Ambassade française ; on ne peut deviner quelles seront les dispositions du Gouvernement, ni celles de l’Ambassade dans un temps plus ou moins éloigné ; de plus les œuvres ecclésiastiques, surtout celles qui concernent l’instruction des clercs, doivent se faire indépendamment de l’autorité civile, à Rome surtout, toute apparence de dépendance du Gouvernement français aurait pu jeter un jour défavorable sur notre oeuvre.

Sous un autre rapport, la maison contiguë à l’Eglise Saint-Nicolas était peu favorable à l’accomplissement de notre projet.
- d’une part, parce qu’elle est disposée tout entière pour un grand nombre d’appartements distincts de manière à loger des familles séparées...
- d’une autre part, il nous était impossible de louer le tout ; et de là l’inconvénient très considérable pour une communauté et pour un séminaire d’avoir dans la même maison des personnes étrangères et des deux sexes. Toutefois il me semblait que nous devions accepter avec reconnaissance ce que la divine Providence nous offrait ainsi, sans que nous eussions fait de démarches pour l’obtenir. »

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Cette page a été actualisée le jeudi 12.07.2007