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  Pourquoi un Séminaire
Français à Rome ?
 


 

Le 28 novembre 1852, le journal L’Univers, sous la rubrique « Nouvelles de Rome », constate amèrement l’absence à Rome d’un Séminaire Français :

« Il faut bien en convenir, la France est peut-être le pays du monde qui a le plus négligé d’offrir aux membres de son clergé, qui veulent étudier à Rome, les moyens de le faire.
Presque tous les autres pays ont dans la Ville Éternelle, centre du Catholicisme, un collège, une académie un établissement quelconque pour recueillir leurs nationaux : l'Allemagne a le magnifique Collège Germanique ; le Collège anglais, le Collège irlandais, le Collège écossais, le Collège grec, le Collège arménien et plusieurs autres que nous oublions sans doute, existent depuis des siècles. La Belgique a formé depuis quelque temps, un collège destiné à recevoir les jeunes ecclésiastiques, qui se sont distingués dans le cours de leurs études théologiques et économiques, dans les séminaires et les universités belges, et que les Evêques envoient compléter à Rome leur instruction, par la fréquentation des universités et des congrégations romaines.

La France seule n’a aucun établissement de ce genre ; quelques chambres à Saint-Louis , quelques autres à l'Académie ecclésiastique, voilà tout ce qu’elle peut offrir et encore ces ressources si minimes sont-elles éventuelles, fort précaires, et très souvent inaccessibles aux jeunes étudiants. Les étudiants français sont donc réduits pour la plupart à s’établir seuls, isolés, dans une chambre solitaire, absolument comme les étudiants du Quartier latin, à Paris, avec tous les inconvénients, pour leurs études et pour leur vocation, que l’on peut imaginer. Il y a là un besoin urgent à satisfaire maintenant !... »

Les projets naissent dans la famille ultramontaine,
la « concurrence » est lancée !...

 

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En 1847, Paul de Geslin fait des démarches pour la fondation d’un Séminaire Français à Rome ; il s’en ouvre à son ami Mgr Luquet. Paul de Geslin est un ancien du Séminaire Saint-Sulpice, il est cousin (éloigné) du Père Lannurien. Il a fait partie à Paris du groupe Saint-Jean qui se réunissait régulièrement autour du Père Libermann au Séminaire du Saint-Esprit... Mgr de Ségur, le Père Lannurien font aussi partie de ce groupe !

Paul de Geslin de Kersolon fut le compagnon français de Saint Vincent Pallotti ; il voulait fonder à Rome un Séminaire Français dont les Pallottins seraient les animateurs. Dans son rapport du mois d’Avril 1847 au Secrétaire d’État de Grégoire XVI, le Cardinal Lambruschini, Paul de Geslin parle de l’utilité de l’établissement d’un séminaire pour les français, et de la manière de le réaliser ; mais la mort du pape Grégoire XVI interrompt toutes les négociations ! Paul de Geslin retourne en France, il cherche du personnel pour son Séminaire.

Fin 1852, Paul de Geslin est à Rome, il jette les yeux sur Saint-Nicolas des Lorrains. En 1854, il s’établit avec quelques élèves au 96 de la via del Pellegrino (derrière la Chancellerie). Novembre 1896, nouvelle installation chez les Théatins de Saint-André della Valle. Mais Paul de Geslin doit s’expliquer devant le Saint-Office sur certains points de doctrine enseignés dans son séminaire, on lui demande de dissoudre son séminaire, c’est la fin du premier essai d’un séminaire français à Rome !

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Au début des années 1850, le Père Basile Moreau, fondateur des Pères de Sainte-Croix du Mans, ouvre une maison, une pension, pour des élèves ecclésiastiques français, à Sainte-Brigitte près du Campo dei Fiori ; mais la reconnaissance du Séminaire Français de la via Santa Chiara par Pie IX mettra fin à cette initiative.

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Le 27 Février 1853 le Père Louis-Marie Lannurien arrive à Rome, il est envoyé par son supérieur le Père Ignace Schwindenhammer pour fonder une maison spiritaine à Rome et si possible, un Séminaire pour les français.

Le Père Lannurien était professeur au Séminaire du Saint-Esprit, séminaire chargé de former le clergé des colonies... et foyer d’ultramontanisme. Le Père Gaultier, professeur de morale au Séminaire, est le grand animateur de ce cercle ultramontain, il est aussi très ami avec le Cardinal Gousset de Reims, chef de file des ultramontains. Le Père Lannurien connaît aussi très bien certains séminaristes français (de Conny, Gay...) qui en 1839 sont venus compléter leurs études à Rome et ont formé une petite communauté Place Saint-Ignace près du Collège Romain . En 1842 cette petite communauté d’Abbés français eut pour ami Gaston de Ségur, alors secrétaire à l’Ambassade de France. Et ce sont ces mêmes prêtres que l’on retrouve autour de Libermann au Séminaire du Saint-Esprit pour des conférences sur la spiritualité du prêtre...

Fort de l’appui de ses amis ultramontains, le Père Lannurien entreprend la fondation du Séminaire Français. Le 10 Octobre 1853 aura lieu la rentrée du premier élève au Seminarium gallicum Sanctissimi Cordis Mariæ, via degli Ibernesi dans l’ancien séminaire des Irlandais.


Le Père Eschbach

Tout est bien qui finit bien !

Le Père Alphonse Eschbach raconte ce qui s’est passé le 16 Juillet 1859 :

« Il a fallu la bulle In Sublimi pour mettre fin à ces concurrences. Aussi quelle joie nous éprouvâmes, quand le 16 Juillet, pendant notre récréation de midi, notre Supérieur, le R.P. Freyd, appelé un instant au parloir, revint au milieu de nous étendant des deux mains devant nos yeux le splendide parchemin de notre bulle : In Sublimi de notre Saint-Père Pie IX !! Deo gratias ! à jamais... »


Alphonse Eschbach, « témoin oculaire »

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Cette page a été actualisée le jeudi 12.07.2007